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Le trouble bipolaire ou psychose maniaco-depressive: qu’est-ce que c’est?

Le trouble bipolaire ou psychose maniaco-depressive: qu’est-ce que c’est?

  • juin 30, 2021
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Le trouble bipolaire autrefois appelé psychose maniaco-dépressive est une maladie chronique de la famille des troubles de l’humeur. Cette maladie entraîne un dérèglement de l’humeur avec une alternance de phases dépressives et d’exaltation de l’humeur (épisodes maniaques).

Les épisodes dépressifs se caractérisent par:

  • Une tristesse
  • Une perte d’intérêt  et de plaisir pour toutes activités
  • Un trouble de l’appétit
  • Un trouble du sommeil
  • Un sentiment de culpabilité
  • Des idées suicidaires
  • Une baisse de la  concentration et de l’attention

Les épisodes maniaques sont quant à eux caractérisés par:

  • Des idées de grandeur
  • Une énergie abondante
  • Un besoin de parler
  • Un sentiment de bonheur intense
  • Une agitation
  • Une réduction du temps de sommeil nécessaire
  • Une incapacité à  se concentrer

Selon L’OMS les troubles bipolaires font partie des 10 maladies les plus handicapantes et touchent environs 60 millions de personnes dans le monde. Les deux sexes sont touchés dans des proportions égales.

Le trouble bipolaire se révèle le plus souvent au début de l’âge adulte, en moyenne entre 18 et 24 ans, mais peut parfois survenir dès l’enfance ou, à l’inverse, nettement plus tard dans la vie.

Origines et causes  

Les hypothèses héréditaire et génétique  sont au premier plan et concernent la dépendance parent-enfant :

20% de risque pour une personne dont un parent de premier degré est atteint de trouble bipolaire, et

50% si les deux parents sont bipolaires.

Par contre, la survenue des épisodes bipolaires dépend de divers facteurs qui viennent se greffer sur la vulnérabilité génétique comme les facteurs biologiques (déséquilibre biologique lié aux neurotransmetteurs); Les facteurs psychologiques (la personnalité, le mode de gestion du stress, ou des traumatismes, le manque de confiance en soi et une tendance au perfectionnisme).

Une dépression antérieure accroît aussi les risques.

Les événements de vie (facteurs sociaux) tels que le divorce, les ruptures affectives, problèmes professionnels, ou abus durant l’enfance sont aussi déterminants.

Les risques inhérents au trouble bipolaire

Outre la souffrance liée aux phases dépressive et maniaque, les conséquences du trouble bipolaire sont nombreuses:

  • Sur le plan personnel perturbation de la vie privée, famille fragilisée avec des comportements sexuels à risque.
  • Sur le plan social difficultés d’insertion sociale
  • Sur le plan professionnel perte d’emploi, chômage
  • Le lien avec les problèmes d’alcoolisme ou de consommation de la drogue et certains troubles de la personnalité sont fort.
  • Un risque suicidaire très élevé.
  • Le trouble bipolaire est handicapant sur le plan socioprofessionnel.

Les sous types de troubles

Sur le plan diagnostic on distingue,selon le DSM-5,  deux sous types de troubles bipolaires : Le trouble bipolaire de type 1 caractérisé par au moins un épisode de manie et le trouble bipolaire de type 2 caractérisé par au moins un épisode de dépression et au moins un épisode d’hypomanie.

Le trouble bipolaires de type 1

Le bipolaire de type 1 alterne entre phases maniaques et phases dépressives, avec au moins un épisode de manie.

Les critères suivants doivent être rencontrés pour parler d’épisode maniaque:
  • Période délimitée d’au moins une semaine d’humeur anormalement élevée, augmentation anormale de l’énergie tous les jours
  • Au moins 3 des symptômes suivants doivent être présents durant la période, estime de soi exagérée, sommeil réduit, désir de parler constamment, engagement excessif dans les activités, sujet facilement distrait,s’engager dans des achats inconsidérés, des conduites sexuelles inconséquentes.
  • La perturbation de l’humeur est sévère pour entraîner une altération du fonctionnement social, professionnel, ou nécessité une hospitalisation où il a présence d’idées délirantes ou d’hallucinations.
  • Le changement de l’humeur n’est pas dû aux effets d’une drogue ou médicaments.
  • Distractibilité observée: l’attention est trop facilement attirée par des stimuli extérieurs sans importance ou insignifiant

Pendant l’épisode dépressif, les malades auront les symptômes contraire avec des épisodes de grosse dépression, la dépression majeure est fréquente dans le trouble bipolaire de type I, mais n’est pas nécessaire pour le diagnostic.

Le trouble bipolaire de type 2

Les critères d’un épisode d’hypomanie et d’au moins un épisode de dépression majeure sont rencontrés. Il n’y a jamais eu d’épisode de manie. L’hypomanie est beaucoup plus faible en intensité que la manie.

Dans l’épisode hypomaniaque, la sévérité de l’épisode n’est pas suffisante pour entraîner une altération marquée du fonctionnement professionnel ou social, ou pour nécessiter une hospitalisation.

comment se soigner ?

Le caractère chronique du trouble bipolaire lui vaut de bénéficier d’une prise en charge à vie. Le traitement s’articule sur deux axes : le traitement médicamenteux et le traitement psychothérapeutique.

Le but général de la prise en charge est de:

✅  Réguler l’humeur par l’utilisation de médicaments

✅ Améliorer l’identification des émotions et des signes annonciateurs d’un nouvel épisode.

✅ Adopter des stratégies préventives (éviter le stress, contrôler le sommeil, pratiquer une hygiène de vie)

✅ Aider le patient à se connaître, à connaître la maladie, s’y adapter à travers la psychoéducation et les psychothérapies

Conseils pratique sur le trouble

Au sujet atteint

A l’annonce du diagnostic, il est assez courant que le patient ou ses proches se demandent à qui la faute?

Sachez que la maladie est causée par de nombreux facteurs tant biologique, psychologique que génétique. Nul n’est responsable.

En début de crise (phase dépressive), essayez d’entrer en communication avec votre proche pour parler de votre souffrance. Ne vous isolez pas.

Dès que les médicaments commencent à agir et que vous vous sentez mieux, vous serez peut-être tenté d’arrêter votre traitement. Ne le faites surtout pas, car les symptômes risquent de réapparaître de façon plus sévère. En cas d’épuisement ou de réticence à prendre vos médicaments, discutez avec votre psychologue.

La psychothérapie est un élément essentiel de la gestion des troubles bipolaires.

Elle complète la prise en charge médicamenteuse. Elle a pour but dès que la crise est passée  de développer des compétences et des stratégies qui vous aideront à mieux gérer votre état, à réagir positivement aux éléments déclencheurs, à créer un environnement de soutien.

La psychoéducation devrait être intégrée dans votre traitement général. Elle vous aidera à mieux connaître et comprendre votre maladie et à y faire face beaucoup plus efficacement.

À l’entourage et famille

Les bipolaires ne sont pas dangereux pour leur entourage. Ils sont dangereux pour eux-mêmes, le risque de suicide et la mortalité par suicide sont des éléments très importants. Alors encouragez-les à prendre rendez-vous avec le psychiatre ou le psychologue régulièrement.

La phase dépressive peut inclure le risque de suicide. Le trouble bipolaire est une maladie grave, mais les personnes atteintes peuvent mener une vie enrichissante.Eviter de culpabiliser la personne.

Un entourage positif est indispensable.

Aidez votre proche à prendre ses médicaments et à suivre des séances de psychothérapie.

– Vivre avec le trouble bipolaire n’est pas facile, mais un rétablissement est possible.

– Le trouble bipolaire dans les accès aigus est souvent à l’origine de conflits ou d’affrontements qui peuvent aller jusqu’à la désorganisation de la vie familiale. L’entourage vit souvent dans l’anticipation anxieuse des rechutes, supportant mieux les dépressions que l’excitation. La psychothérapie vous est également nécessaire pour ne pas sombrer.

Le diagnostic du trouble bipolaire n’est pas une sentence, il est un trouble mental chronique avec qui on peut vivre normalement. Tout le monde peut l’avoir.

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