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IVG ou Avortement : Impacts psychologiques sur la santé

IVG ou Avortement : Impacts psychologiques sur la santé

  • mars 27, 2022
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Le nombre d’interruption volontaire de grossesse évolue chaque jour dans le monde et tue plus que les pathologies chroniques ou les maladies infectieuses. Avec plus de 42,6 millions d’avortements en 2021, l’avortement est la première cause de décès dans le monde, loin devant toutes les autres . Les adolescentes sont les victimes la plupart du temps.

Au Togo, l’avortement est de plus en plus courant chez les jeunes de 15 à 19 ans et les potentielles conséquences sur leur psychisme sont importantes et sérieuses. Le sujet de l’interruption de grossesse est d’autant plus tabou et engendre assez d’angoisse et de terreur dans la société que l’acte est banalisé  et fréquent chez les adolescents qui ignorent les retombées sur leur santé en général et leur santé mentale en particulier puisque personne n’en parle.

Qu’est-ce que l’interruption volontaire de grossesse  ?

L’interruption volontaire de grossesse est un avortement déclenché ou le fait de mettre un terme à une grossesse non désirée pour des raisons non médicales à la suite d’une décision personnelle ou familiale dans un cadre légal (respectant les conditions fixées par la loi) ou pas (avortement clandestin). L’IVG est  légalisée dans certaines situations comme une grossesse suite à un viol sur mineur ou pour des raisons médicales (malformation sévèrement invalidante du fœtus…).

Plusieurs questions sur l’IVG font objet de débat et méritent d’être approfondi. Entre autre quel serait le lien entre l’IVG et les troubles psychologiques ? En quoi l’impact psychologique de l’IVG diffère de celui de l’avortement spontané ? La légalisation de l’IVG dans certaines situations a des effets sur les conséquences psychologiques de l’avortement?

Ce qui peut pousser à l’avortement

Les raisons comme la crainte de la réaction des parents ou de la famille face à une grossesse considérée comme inacceptable, les difficultés économiques inhérentes aux adolescentes font qu’elles ont du mal à faire face aux exigences engendrées par la grossesse précoce. De même, il n’est pas du tout facile pour la jeune fille de concilier ses études et ses éventuelles responsabilités parentales. Du point de vue social, l’âge, le statut matrimonial et le niveau d’instruction de la fille conduisent à cette seule option qui est d’interrompre la grossesse. Les jeunes rencontrent l’hostilité de la société et de la famille qui acceptent difficilement qu’une adolescente soit enceinte. La décision d’avorter est pour elle un soulagement. La honte de toute famille, le regard des autres provoquant surtout que la grossesse est la manifestation de la sexualité de l’adolescente qui est censée être vierge à son âge, est ainsi le dévoilement d’une partie de son intimité. L’interruption volontaire de grossesse, n’étant pas qu’une affaire des adolescentes, est largement retrouvée chez des femmes au foyer, des responsables, des familles nanties et regorge l’aspect d’émancipation ou de régulation des naissances.

Les conséquences psychologiques

Se débarrasser d’une grossesse afin d’avoir une bonne image et d’être soulagée impacte la santé mentale ?

Deux études qualitatives respectivement réalisées dans un hôpital d’une province au sud du Gabon (Hess, 2007) et dans les États de Lagos et d’Edo au Nigéria (Oye-Adeniran et al., 2005), ont montré qu’une majorité de femmes a souvent des conséquences émotionnelles et psychologiques à la suite d’un avortement, telles que le regret, les remords, la culpabilité, la tristesse, le traumatisme et la « sensation d’avoir commis un crime ».

L’anxiété est le principal symptôme selon plusieurs recherches et surtout avant l’interruption de la grossesse puis diminue quelques mois après l’acte. Les femmes ayant eu plusieurs avortements sont plus exposées aux troubles psychologiques qui peuvent s’enkyster avec le temps. Une étude psychiatrique sur 3.310 femmes américaines, intitulée « Associations entre avortement, troubles mentaux et comportement suicidaire dans un échantillon nationalement représentatif» publiée dans The Canadian Journal of Psychiatry, avec pour objectif d’approfondir la relation entre l’avortement et la maladie mentale et le suicide a abouti à la conclusion d’une association entre l’avortement et les troubles de l’humeur, l’anxiété, l’utilisation de substances psychoactives, l’alimentation, les troubles de comportements perturbateurs, ainsi que les pulsions suicidaires et les tentatives de suicide au cours de la vie. Pour tous les troubles examinés, moins de la moitié des femmes déclaraient que leur trouble mental avait débuté après le premier avortement.

Prise en charge

Seules des femmes guéries, pouvant exprimer leurs souffrances passées et témoigner aux générations futures des enjeux de l’avortement pourront faire baisser les occurrences d’avortement et cesser la banalisation de cet acte.

Les femmes ayant avorté ont besoin d’un suivi psychologique complexe car un deuil périnatal est à faire.

Chaque cas d’IVG est unique et particulier, une femme peut s’en sortir sans séquelles, une autre peut en être traumatisée et finir au centre psychiatrique. Ce qu’il faut savoir est que même si les symptômes ne se font pas sentir après l’acte, notre histoire nous rattrape toujours. Le silence autour de l’IVG est le trouble à combattre car souffrir en silence est ce qui paralyse et détruit une vie.

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